
Tout familier de la doctrine de combat de l'armée malienne sait que son approche a changé depuis son engagement auprès de mercenaires russes à la fin de l’année 2021. Elle a commencé depuis à cibler davantage les civils non armés que les groupes terroristes et les mouvements rebelles.
Parmi les nombreux exemples de cette nouvelle arrogance, des faits récents viennent corroborer ce constat.
C’est le cas notamment de sa récente opération menée dans la région de Tombouctou.
Une opération où elle qualifie les marchandises saisies de matériel logistique destiné à des groupes terroristes en provenance du territoire mauritanien.
Cependant, toutes les déclarations faites par des commandants sur le terrain, dans la vidéo diffusée par la télévision malienne, montrent que ces unités ont plutôt attaqué un marché hebdomadaire (Razelmah).
Une attaque au cours de laquelle, l’armée malienne a tué des clients civils non armés, arrêté d'autres personnes et confisqué des biens civils, soit tout le contraire de la version médiatisée.
En effet, les saisies n’ont pas porté du matériel logistique militaire comme prétendu par ces allégations.
C’est d’autant vrai que les armes supposées avoir été saisies lors de l'opération n'ont pas été montrées dans la vidéo.
Le véhicule volé était également une semi-remorque saisie par des groupes au Mali. Il n'avait pas quitté le Mali avant d'être retrouvé par l'armée. Les motos, quant à elles, ne sont pas l'apanage des groupes terroristes. Elles constituent le moyen de transport le plus utilisé dans ce pays par 80 % environ de la population du pays ; les Maliens étant parmi les plus grands utilisateurs (visitez la capitale, Bamako et vous vous rendez compte).
La pénurie de carburant est une évidence, compte tenu de la crise bien connue au Mali, qui perdure depuis des années.
Ces unités n'ont pas affronté de combattants, comme le confirment les déclarations faites par ces différents commandants.
Au contraire, comme à leur habitude, elles ont mené une opération contre des civils non armés et tentent par conséquent de se dédouaner en affirmant que l'opération visait à protéger les citoyens et qu'elle a été menée conformément aux règles d'engagement.
Depuis quelque temps, l'armée malienne joue un jeu dangereux, dont les raisons restent obscures. Son affirmation d'une présence terroriste en Mauritanie n'est rien d'autre qu'un signe évident de défaite. L'armée malienne connaît parfaitement l'emplacement de ces groupes et les zones qu'ils contrôlent fermement à travers le pays (nord, ouest, sud, est et non loin de la capitale, Bamako), mais elle refuse de les affronter.
Je ne crois pas qu'il considère qu'affronter l'armée mauritanienne soit plus facile qu'affronter les groupes armés, tout en étant conscient par la règle de la profession, qu'ouvrir deux fronts en temps de guerre est extrêmement préjudiciable.
La surenchère dont la Mauritanie est visée dans cette affaire est inacceptable et contraire à la vérité et la réalité sur le terrain.
L'État mauritanien a déployé, depuis le début de la crise de l'Azawad en 1991, des unités de son armée le long des frontières de la région orientale du Hodh Charghi, afin d'empêcher l'entrée des forces des factions belligérantes sur son territoire, et également pour protéger les réfugiés qui y résident.
Ces réfugiés se trouvaient initialement dans le village de Néré et les villes de Fassala et Bassiknou avant d'être rassemblés dans le camp de « Mbéré ».
Les autorités mauritaniennes ne tolèreront jamais l'entrée d'éléments armés sur leur territoire, du fait que cela constitue une violation de leur souveraineté d’une part et à un engagement de neutralité dans le conflit interne malien, d’autre part.
La question qui reste alors posée :
• Que veulent les nouveaux dirigeants du Mali que les autorités mauritaniennes fassent?
• Se joindre à eux dans leur guerre civile ?
• Ou leur renvoyer les réfugiés pour achever le génocide ?
Qu’Allah protège la Mauritanie et son peuple, et déjoue les plans de ceux qui lui veulent du mal.


